Devenir résident fiscal à Maurice attire chaque année davantage d'entrepreneurs, de retraités et d'investisseurs séduits par la fiscalité douce de l'île et son cadre de vie. Mais entre le simple séjour touristique, l'obtention d'un permis de résidence et la reconnaissance officielle du statut de résident fiscal par la Mauritius Revenue Authority (MRA), les confusions sont nombreuses. Un Premium Visa ou un Occupation Permit ne suffisent pas, à eux seuls, à faire basculer votre imposition sur l'île.

Le cadre a par ailleurs profondément changé : le Finance Act 2025 a supprimé l'ancien barème progressif à onze tranches, revu les seuils de tous les permis délivrés par l'Economic Development Board (EDB) et instauré une contribution additionnelle pour les hauts revenus. Ce guide clarifie point par point les conditions légales à remplir en 2026, notamment les fameux seuils de 183 et 270 jours de présence, les différents permis disponibles, le régime d'imposition réellement applicable et les démarches concrètes pour obtenir votre Tax Account Number (TAN) puis votre Tax Residence Certificate (TRC) auprès de la MRA.

Résidence fiscale à Maurice : de quoi parle-t-on exactement ?

Résidence, permis de séjour et résidence fiscale : ne pas confondre

Avant d'aller plus loin, il est essentiel de dissiper une confusion très fréquente. Séjourner à l'île Maurice quelques semaines, obtenir un permis de séjour et devenir résident fiscal sont trois réalités juridiques totalement distinctes, même si elles se recoupent souvent dans l'esprit des lecteurs.

  • Le simple séjour : rester sur l'île en tant que touriste, sans droits particuliers ni obligations fiscales locales.
  • Le permis de séjour : une autorisation administrative permettant de vivre légalement sur le territoire mauricien, pour raisons professionnelles, familiales ou d'investissement.
  • Le statut de résident fiscal : une qualification fiscale précise, basée sur des critères de durée de présence et de centre des intérêts économiques, qui détermine où vous devez déclarer et payer vos impôts.

Comprendre cette distinction est la clé pour aborder sereinement toute stratégie d'expatriation. Aucun avantage fiscal mauricien ne s'applique tant que la résidence fiscale n'est pas effectivement acquise.

Pourquoi Maurice attire les expatriés et investisseurs

L'île Maurice séduit chaque année davantage de Français et d'expatriés du monde entier. Ce succès s'explique par un climat tropical agréable toute l'année, une stabilité politique et économique rare dans la région, ainsi qu'une fiscalité qui, même après la réforme de 2025, reste nettement plus douce que les standards européens : le barème mauricien plafonne à 20 %, contre 45 % en France.

Dans les prochaines sections, nous détaillerons les conditions légales à remplir, les différents types de permis disponibles et leurs seuils actualisés, les règles fiscales applicables depuis juillet 2025, ainsi que les démarches concrètes pour s'installer et obtenir le statut de résident fiscal à Maurice.

Les conditions légales pour être considéré résident fiscal

La Mauritius Revenue Authority (MRA) applique trois tests légaux distincts pour déterminer si une personne physique doit être considérée comme résidente fiscale à Maurice. Ces critères sont alternatifs : remplir l'un d'entre eux suffit à déclencher la qualification, sans qu'il soit nécessaire de satisfaire les autres.

Le test des 183 jours par an

Le premier critère retenu par la MRA est celui de la présence physique continue ou cumulée d'au moins 183 jours sur le territoire mauricien, calculée sur une année fiscale donnée. Pour ce calcul, le jour d'arrivée et le jour de départ sont chacun comptés comme une journée entière de présence, quelle que soit l'heure d'atterrissage ou de départ effective. Ainsi, un séjour fractionné en plusieurs allers-retours peut parfaitement atteindre le seuil des 183 jours si l'ensemble des périodes est additionné avec rigueur. Conservez systématiquement vos cartes d'embarquement et tampons de passeport : la charge de la preuve vous incombe.

Le test des 270 jours cumulés sur 3 ans

Le deuxième test porte sur une présence d'au moins 270 jours cumulés sur l'année fiscale concernée et les deux années fiscales précédentes. Attention à une formulation souvent mal reprise : il ne s'agit pas des trois années précédant l'année en cours, mais bien de l'année courante additionnée aux deux qui l'ont précédée. Ce mécanisme permet à la MRA de qualifier de résident fiscal un individu dont la présence est irrégulière d'une année à l'autre, mais significative sur le moyen terme. La méthode de comptage reste identique : chaque journée d'entrée et de sortie du territoire est comptabilisée intégralement, sans proratisation horaire.

Le critère du domicile et du centre des intérêts vitaux

Au-delà du décompte des jours, la MRA examine également :

  • le lieu d'habitation principal et permanent de la personne
  • la localisation de sa famille proche et de ses attaches personnelles
  • le centre de ses activités économiques et professionnelles
  • l'intention manifeste de résider durablement sur l'île

L'année fiscale mauricienne s'étend du 1er juillet au 30 juin, une donnée essentielle pour situer correctement les périodes de référence utilisées dans ces trois tests. À noter enfin que la MRA peut exiger une présence effective de 183 jours avant d'émettre un TRC destiné à une administration fiscale étrangère, même lorsque le test des 270 jours est théoriquement rempli.

Panorama des permis permettant d'obtenir la résidence à Maurice

L'Economic Development Board (EDB) délivre plusieurs catégories de permis de résidence adaptés à des profils variés : professionnels actifs, investisseurs, retraités ou membres de famille. Chaque statut répond à des critères financiers et administratifs précis, entièrement revus par le Finance Act 2025 et les directives du 19 août 2025, qu'il convient de comparer avant de choisir la voie la plus adaptée à sa situation. Toutes les demandes passent désormais par le portail NELS (National Electronic Licensing System), et des frais de dossier non remboursables de 50 USD s'appliquent depuis le 1er décembre 2025 à toute demande de permis de séjour ou de résidence.

Occupation Permit : travail et investissement

L'Occupation Permit s'adresse aux actifs souhaitant travailler ou entreprendre à Maurice. Ce permis combinant droit de résidence et de travail se décline en trois profils distincts, dont les seuils ont été profondément remaniés :

  • Investisseur : deux formules coexistent depuis 2025. La voie standard repose sur un apport initial de 50 000 USD, avec un chiffre d'affaires d'au moins 1,5 million MUR dès la première année puis 20 millions MUR cumulés sur cinq ans. La voie premium exige 100 000 USD mais assouplit les objectifs de performance, ce qui convient aux start-ups et aux projets progressifs. Une clause de revue à mi-parcours a été introduite : l'EDB contrôle les engagements après cinq ans, et un seuil annuel minimum de 5 millions MUR s'applique à partir de la sixième année. Permis de 10 ans renouvelable.
  • Professionnel : l'ancien seuil unique a laissé place à un système à deux paliers. Le ProPass exige un salaire mensuel de base d'au moins 30 000 MUR et couvre la majorité des cadres et spécialistes qualifiés. L'Expert Pass, catégorie premium destinée aux dirigeants et consultants de haut niveau, requiert un salaire mensuel de base d'au moins 250 000 MUR. Les deux paliers ouvrent un permis de 10 ans.
  • Indépendant (Self-Employed) : investissement initial porté à 50 000 USD (contre 35 000 auparavant), trois lettres d'intention dont deux émanant de clients basés à Maurice, un chiffre d'affaires d'au moins 750 000 MUR la première année et 6 millions MUR cumulés sur cinq ans. La durée du permis a été ramenée à 5 ans renouvelable.

Le renouvellement reste conditionné au maintien des seuils financiers exigés par l'EDB. À noter également que le passage au Permanent Residence Permit, valable 20 ans, suppose désormais d'avoir détenu un Occupation Permit pendant au moins cinq ans, contre trois avant la réforme.

Retired Non-Citizen Permit : le statut retraité

Destiné aux personnes de plus de 50 ans souhaitant s'établir à Maurice sans exercer d'activité professionnelle locale, le Retired Non-Citizen Permit impose un transfert initial d'au moins 2 000 USD sur un compte bancaire mauricien dans les soixante jours suivant l'émission du permis, puis un transfert régulier d'au moins 2 000 USD par mois, soit 24 000 USD par an, provenant de sources étrangères. Une couverture santé valide est également exigée. Ce permis est délivré pour dix ans, avec vérification périodique des flux financiers transférés à Maurice pour garantir le renouvellement.

Certaines sources commerciales citent encore l'ancien seuil de 1 500 USD mensuels : faites systématiquement confirmer le montant applicable à votre dossier auprès de l'EDB avant de vous engager.

Family Occupation Permit et Dependent Permit

Le titulaire d'un Occupation Permit ou d'un Retired Non-Citizen Permit peut étendre son statut à sa famille grâce au Dependent Permit, couvrant :

  • le conjoint et les enfants à charge de moins de 24 ans
  • les parents à charge, sous conditions

La durée de validité de ce permis de résidence familial est alignée sur celle du permis principal, avec un renouvellement simultané pour garantir la continuité du statut de l'ensemble du foyer. Chaque dépendant fait l'objet d'une demande distincte sur NELS, avec les frais de dossier correspondants.

Premium Visa et résidence par investissement immobilier

Premium Visa : un statut de séjour, pas de résidence fiscale

Le Premium Visa mauricien séduit de nombreux télétravailleurs et entrepreneurs souhaitant tester une installation sur l'île. Ce dispositif, gratuit et traité en quelques jours, permet de séjourner à Maurice un an, renouvelable une seule fois, soit deux ans maximum en continu. Il suppose des revenus d'au moins 1 500 USD par mois provenant exclusivement de sources étrangères et n'autorise pas à travailler pour des clients ou employeurs mauriciens. Au-delà de deux ans, il faut basculer vers un autre statut : Occupation Permit, Retired Non-Citizen Permit ou permis de résidence lié à un achat immobilier.

Une confusion persiste toutefois : détenir un Premium Visa ne signifie pas devenir résident fiscal mauricien. Ce statut n'est qu'une autorisation administrative de séjour, distincte des critères fiscaux fondés sur le nombre de jours de présence effective sur le territoire. En deçà de 183 jours par année fiscale, vous restez non-résident fiscal à Maurice, quel que soit votre visa. Il est donc essentiel de ne pas assimiler la simple possibilité de résider physiquement sur l'île avec l'obtention d'un véritable statut de résident fiscal, lequel emporte des conséquences juridiques et fiscales bien différentes, notamment en matière de déclaration de revenus.

Point de vigilance en 2026 : plusieurs remontées de terrain signalent que les renouvellements de Premium Visa seraient en voie d'extinction. Vérifiez l'état du dispositif auprès de l'EDB avant d'en faire le pivot de votre projet.

Investir dans l'immobilier (PDS, IRS) pour obtenir la résidence permanente

Pour accéder à une résidence permanente plus solide, l'investissement immobilier constitue une voie privilégiée. Les programmes PDS (Property Development Scheme), Smart City Scheme et, sur le marché de la revente, IRS et RES permettent aux étrangers d'acquérir un bien immobilier à partir de 375 000 dollars, seuil ouvrant droit à un permis de résidence lié à la propriété. Ce permis reste valable tant que le bien est détenu, offrant une stabilité durable sans démarches répétées. À noter que l'IRS n'accepte plus de nouveaux projets depuis 2015 : il ne subsiste qu'en revente.

  • Acheter une villa ou un appartement dans des zones recherchées comme Grand Baie, prisée pour son dynamisme et sa vie balnéaire
  • Investir à Flic en Flac, réputée pour ses plages et son cadre résidentiel haut de gamme
  • Bénéficier d'un permis de résidence attaché au bien, extensible à la famille proche

Un paramètre budgétaire majeur est entré en vigueur le 1er juillet 2026 : les droits d'enregistrement dus par un acquéreur non-citoyen sont passés de 5 % à 10 %, portant les frais d'acquisition à environ 12 à 15 % du prix. Cette stratégie immobilière constitue néanmoins une base concrète pour envisager, à terme, une véritable installation fiscale à Maurice.

Tableau comparatif des permis et voies d'accès à la résidence

Chaque permis mauricien répond à des conditions spécifiques en matière d'investissement ou de revenus, avec des démarches administratives propres. Ce comparatif synthétique, actualisé au regard des directives d'août 2025, permet d'identifier rapidement la voie la plus adaptée à votre profil avant d'entamer les formalités auprès des autorités mauriciennes.

Comparaison des seuils d'investissement et revenus requis

Les montants exigés varient fortement selon le type de permis, exprimés en dollars ou en roupies mauriciennes :

Type de permis Seuil d'investissement ou revenus requis Durée de validité Accès à la résidence fiscale
Occupation Permit (Investisseur) 50 000 USD, ou 100 000 USD en formule premium 10 ans renouvelable Conditionné aux critères de 183 ou 270 jours
Occupation Permit (Professionnel) Salaire mensuel de base de 30 000 MUR (ProPass) ou 250 000 MUR (Expert Pass) 10 ans renouvelable Conditionné aux critères de 183 ou 270 jours
Occupation Permit (Indépendant) 50 000 USD d'investissement initial 5 ans renouvelable Conditionné aux critères de 183 ou 270 jours
Retired Non-Citizen Permit 2 000 USD/mois transférés (24 000 USD/an) 10 ans renouvelable Conditionné aux critères de 183 ou 270 jours
PDS, Smart City, IRS ou RES (achat immobilier) 375 000 USD minimum d'achat Liée à la détention du bien Conditionné aux critères de 183 ou 270 jours
Premium Visa 1 500 USD/mois de revenus étrangers, pas de seuil d'investissement 1 an, renouvelable une fois Conditionné aux critères de 183 ou 270 jours

Dans tous les cas sans exception, l'obtention du permis ne suffit pas : la résidence fiscale reste soumise à une présence physique effective sur le territoire. Avant de choisir votre voie d'accès, vérifiez :

  • Le montant exact de l'investissement exigé selon votre situation personnelle
  • Les démarches à anticiper sur le portail NELS de l'Economic Development Board
  • La compatibilité du permis avec votre projet de vie à long terme

Durée, renouvellement et accès à la résidence fiscale selon le permis

La durée de validité conditionne directement la stabilité de votre statut. Les permis liés à l'immobilier offrent une pérennité maximale puisqu'ils suivent la détention du bien, tandis que le Premium Visa impose un renouvellement annuel plafonné à deux ans et que le permis Self-Employed est passé de dix à cinq ans. Le Permanent Residence Permit, valable 20 ans, suppose cinq années préalables sous Occupation Permit. Dans tous les cas, respecter le seuil des 183 jours annuels, ou celui des 270 jours cumulés, reste la règle déterminante pour activer concrètement votre résidence fiscale et bénéficier du régime mauricien.

Fiscalité mauricienne : taux d'imposition et régime applicable

Le barème progressif à trois tranches et la Fair Share Contribution

C'est le changement le plus important à connaître, et celui que la majorité des contenus en ligne n'ont pas encore intégré. L'ancien barème à onze tranches, comme le taux forfaitaire unique de 15 % qui l'avait précédé, ont été supprimés. Depuis l'année de revenu ouverte le 1er juillet 2025, le Finance Act 2025 applique un barème progressif à trois paliers seulement :

Tranche de revenu annuel (MUR) Taux d'imposition applicable
0 à 500 000 0 %
500 001 à 1 000 000 10 %
Au-delà de 1 000 000 20 %

Par exemple, un résident percevant 800 000 MUR de revenu annuel imposable ne paiera rien sur les 500 000 premières roupies, puis 10 % sur les 300 000 suivantes, soit 30 000 MUR d'impôt et un taux effectif de 3,75 % — bien inférieur à son taux marginal.

À ce barème s'ajoute la Fair Share Contribution, contribution additionnelle instituée pour les hauts revenus et fixée à 15 % sur la fraction du revenu imposable dépassant 12 millions MUR par an. Elle ne concerne qu'une minorité de contribuables, mais doit être anticipée par les dirigeants percevant des rémunérations élevées de source mauricienne.

Régime de la remittance basis pour les revenus étrangers

Le traitement fiscal diffère fortement entre revenus locaux et revenus de source étrangère. Ces derniers bénéficient du régime de la remittance basis, maintenu en 2026 :

  • Les revenus étrangers ne sont imposables que lorsqu'ils sont effectivement rapatriés à Maurice
  • Les revenus conservés à l'étranger échappent à l'impôt mauricien
  • Seuls les revenus rapatriés sur un compte bancaire mauricien entrent dans l'assiette imposable

Concrètement, un résident percevant des dividendes étrangers pourra optimiser sa charge fiscale en maîtrisant le calendrier et le montant de ses rapatriements de fonds. Cette souplesse ne dispense évidemment pas de déclarer l'intégralité de sa situation ni de respecter les obligations déclaratives de son pays d'origine.

Avantages fiscaux : absence de taxe foncière et de droits de succession

Pas de taxe sur la fortune ni de droits de succession

La résidence fiscale à Maurice offre un cadre particulièrement avantageux pour la préservation et la transmission du patrimoine. Contrairement à de nombreux pays occidentaux, l'île ne prélève ni impôt sur la fortune, ni droits de succession. Ce point constitue un atout majeur pour les résidents disposant d'un patrimoine conséquent, qu'il soit immobilier ou financier.

  • Absence d'impôt sur la fortune, quel que soit le montant du patrimoine détenu
  • Droits de succession inexistants pour les résidents fiscaux mauriciens, facilitant la transmission aux héritiers
  • Pas de taxe sur les plus-values pour les particuliers, l'imposition évoquée au budget 2025-2026 n'ayant finalement pas été introduite dans le Finance Act 2025
  • Fiscalité globalement allégée comparée aux régimes européens, malgré la réforme du barème

Taxe d'habitation, taxe foncière et fiscalité immobilière locale

Les revenus locatifs perçus par les résidents fiscaux mauriciens sont soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif en vigueur, soit 0 %, 10 % ou 20 % selon la tranche : le taux forfaitaire de 15 % appliqué par le passé n'existe plus. Ce niveau reste néanmoins nettement inférieur à celui appliqué en France, où l'imposition cumulée des revenus fonciers et des prélèvements sociaux peut dépasser 40 % pour certains contribuables.

Concernant la fiscalité immobilière locale, Maurice se distingue également par une charge allégée : il n'existe pas de taxe foncière ni de taxe d'habitation comparables à celles pratiquées en France, seules des taxes municipales modérées étant dues selon la commune. Les propriétaires bénéficient ainsi d'une gestion patrimoniale simplifiée, sans les prélèvements récurrents qui alourdissent traditionnellement la détention immobilière dans d'autres juridictions.

La convention de non-double imposition entre la France et Maurice

Principe et fonctionnement de la convention fiscale

La convention de non-double imposition signée entre la France et Maurice constitue le socle juridique qui sécurise la situation des expatriés français installés sur l'île. Son objectif est simple : éviter qu'un même revenu soit taxé deux fois, une fois dans chaque pays, et déterminer clairement quel État dispose du droit d'imposer. Pour tout résident fiscal français ayant transféré sa résidence à Maurice, cette convention devient un outil de référence incontournable pour organiser sereinement ses obligations déclaratives.

Éviter la double imposition sur ses revenus

Concrètement, la convention répartit le droit d'imposition selon la nature des revenus perçus. Les principales catégories concernées sont :

  • Les pensions de retraite du secteur privé, imposables dans l'État de résidence du bénéficiaire, donc à Maurice, les pensions publiques restant soumises à des règles distinctes ;
  • Les dividendes, qui peuvent être soumis à une retenue à la source limitée dans le pays d'origine, avec un crédit d'impôt applicable ailleurs ;
  • Les revenus immobiliers, taxés dans le pays où se situe le bien, quel que soit le lieu de résidence du propriétaire ;
  • Les salaires, imposés en principe dans l'État où l'activité professionnelle est exercée.

Pour faire valoir ses droits, le contribuable doit produire un certificat de résidence fiscale mauricien auprès de l'administration française et joindre les justificatifs adéquats lors de sa déclaration d'impôt sur le revenu. Deux points de vigilance méritent d'être signalés : la France peut continuer de prélever des cotisations sociales sur les pensions versées par des caisses françaises, et un résident mauricien qui vend un bien situé en France y reste imposé sur la plus-value. En cas de doute sur l'application d'une clause, il est recommandé de solliciter l'appui d'un conseiller fiscal maîtrisant les subtilités de cette convention bilatérale.

Démarches pratiques pour obtenir son statut de résident fiscal

Obtenir un Tax Account Number (TAN) auprès de la MRA

La première étape administrative consiste à obtenir un Tax Account Number auprès de la Mauritius Revenue Authority, l'organisme chargé de la fiscalité à Maurice. Ce numéro d'identification fiscale est indispensable pour toute démarche ultérieure, notamment pour votre future déclaration de revenus.

  • Étape 1 : Rassembler les pièces justificatives nécessaires : passeport en cours de validité, permis de résidence mauricien, justificatif de domicile récent (facture d'électricité ou contrat de bail) et preuve de revenus (contrat de travail, bulletins de salaire ou attestation de pension).
  • Étape 2 : Déposer une demande de TAN en ligne via le portail de la MRA ou directement auprès de leurs bureaux à Port-Louis.
  • Étape 3 : Patienter le délai de traitement, généralement compris entre une et deux semaines selon la complexité du dossier.
  • Étape 4 : Ouvrir un compte bancaire local, souvent exigé en parallèle ou juste après l'obtention du TAN, car il constitue un prérequis pour la domiciliation des revenus et facilite grandement les échanges avec l'administration fiscale.

Demander son Tax Residence Certificate (TRC)

Une fois le TAN obtenu, la demande de Tax Residence Certificate peut être engagée. Ce document officiel atteste de votre statut de résident fiscal mauricien et vous permet de bénéficier des conventions fiscales internationales.

  • Étape 1 : Constituer un dossier complet comprenant le TAN, une preuve de séjour effectif à Maurice (183 jours minimum sur l'année) et les justificatifs de revenus perçus.
  • Étape 2 : Soumettre la demande de TRC auprès de la MRA, accompagnée des relevés du compte bancaire mauricien et, le cas échéant, du bail ou du titre de propriété enregistré auprès du Registrar General.
  • Étape 3 : Compter un délai de traitement moyen de deux à quatre semaines avant réception du certificat.
  • Étape 4 : Renouveler cette démarche chaque année fiscale pour conserver ses avantages.

Déclarer ses revenus auprès de la Mauritius Revenue Authority

Une fois le statut de résident fiscal établi à Maurice, chaque contribuable doit s'acquitter de ses obligations déclaratives auprès de la Mauritius Revenue Authority (MRA), l'administration fiscale mauricienne. Cette démarche concerne aussi bien les particuliers percevant des revenus locaux ou étrangers que les dirigeants de société soumis à l'impôt sur les bénéfices. La MRA a développé un portail en ligne permettant de soumettre sa déclaration de revenus de manière dématérialisée, sécurisée et rapide, réduisant ainsi les démarches administratives traditionnelles.

Calendrier et modalités de déclaration annuelle

L'année fiscale mauricienne s'étend du 1er juillet au 30 juin. Les résidents doivent respecter un calendrier précis pour éviter tout désagrément :

  • Dépôt de la déclaration de revenus : avant le 30 septembre suivant la clôture de l'exercice fiscal
  • Paiement de l'impôt dû : simultanément au dépôt de la déclaration
  • Déclarations trimestrielles pour certaines catégories de sociétés (Advance Payment System)

Sanctions et obligations de conformité

Le non-respect des échéances entraîne des pénalités financières et des intérêts de retard calculés sur le montant d'impôt impayé. Au-delà de l'aspect financier, une absence répétée de conformité peut fragiliser la reconnaissance du statut de résident fiscal et compliquer les relations futures avec la Mauritius Revenue Authority. Il est donc recommandé d'anticiper ses obligations, de conserver les justificatifs nécessaires, notamment les preuves de présence physique, et si besoin de solliciter un professionnel local pour sécuriser sa situation fiscale.

Questions fréquentes

Peut-on être résident fiscal à Maurice tout en gardant des liens avec la France ?

Oui, il est possible de conserver des biens, une famille ou des revenus en France tout en étant résident fiscal à Maurice, à condition de ne pas conserver son foyer fiscal principal en France. La convention de non-double imposition entre les deux pays permet de déterminer précisément l'État compétent pour taxer chaque catégorie de revenus et d'éviter une double imposition. Attention toutefois : la vente d'un bien situé en France reste imposable en France.

Combien de jours faut-il passer à Maurice pour devenir résident fiscal ?

La MRA applique deux critères de présence physique : le test des 183 jours cumulés sur l'année fiscale en cours, ou celui des 270 jours cumulés sur l'année en cours et les deux années précédentes. Remplir l'un de ces seuils suffit, sous réserve des autres conditions de rattachement personnel. Notez que la MRA peut exiger 183 jours effectifs avant de délivrer un TRC destiné à une administration étrangère.

Le Premium Visa permet-il d'obtenir la résidence fiscale mauricienne ?

Non, le Premium Visa n'est qu'un permis de séjour d'un an, renouvelable une seule fois, sans lien automatique avec la résidence fiscale. Pour être reconnu résident fiscal par la MRA, il faut remplir les critères de présence physique de 183 ou 270 jours, indépendamment du type de permis détenu. En 2026, des incertitudes pèsent par ailleurs sur la poursuite des renouvellements de ce visa.

Quel est le montant minimum à investir dans l'immobilier pour obtenir un permis de résidence ?

L'Economic Development Board exige un investissement immobilier minimum de 375 000 dollars américains dans un projet éligible — PDS, Smart City, ou IRS et RES sur le marché de la revente — pour obtenir un permis de résidence associé. Ce seuil conditionne l'octroi du titre de séjour, mais ne garantit pas à lui seul le statut de résident fiscal. Depuis le 1er juillet 2026, il faut y ajouter des droits d'enregistrement portés à 10 %.

Que se passe-t-il si l'on perd son Occupation Permit ou son Retired Non-Citizen Permit ?

La perte ou le non-renouvellement d'un Occupation Permit ou d'un Retired Non-Citizen Permit entraîne la perte du droit de séjour à Maurice et, par conséquent, l'impossibilité de continuer à remplir les critères de présence physique nécessaires au maintien du statut de résident fiscal, obligeant à quitter le territoire ou à régulariser rapidement sa situation. Depuis la réforme de 2025, les contrôles intermédiaires de l'EDB rendent ce risque plus concret pour les titulaires d'un permis investisseur.

Comment obtenir un Tax Residence Certificate (TRC) à Maurice ?

Le Tax Residence Certificate s'obtient auprès de la Mauritius Revenue Authority après avoir démontré le respect des critères de résidence fiscale, présence physique et rattachement personnel, et après avoir préalablement obtenu son Tax Account Number. Ce certificat officiel atteste du statut fiscal, se renouvelle chaque année et permet notamment d'invoquer la convention de non-double imposition.

Conclusion

Devenir résident fiscal à Maurice suppose de bien distinguer la résidence administrative, le permis de séjour et la résidence fiscale au sens strict, reconnue par la MRA à travers les tests des 183 et 270 jours. Le choix du permis — Occupation Permit dans ses trois déclinaisons remaniées, Retired Non-Citizen Permit ou investissement immobilier via l'EDB — doit être mûrement réfléchi selon votre profil, tout comme les démarches d'obtention du TAN puis du TRC.

Avec un barème plafonné à 20 %, le maintien de la remittance basis, l'absence de droits de succession et une convention de non-double imposition avec la France, Maurice reste une destination fiscale attractive. Mais le cadre s'est resserré : nouveaux seuils de permis, Fair Share Contribution de 15 % au-delà de 12 millions MUR, droits d'enregistrement doublés pour les acquéreurs étrangers. Chaque situation étant unique, un accompagnement par des professionnels spécialisés dans l'expatriation à Maurice permet de sécuriser votre changement de résidence fiscale et d'éviter les erreurs administratives coûteuses.